Accéder au contenu principal

2-La petite enfance

 

LA NAISSANCE DE MATHIAS:

La preuve que Mathias n’est pas un enfant trouvé nous est donnée par son acte de naissance ci-dessous, et dont la transcription (avec les fôtes dortografe) se trouve un peu plus bas en rouge.

N Messier Mathias

N°2 Messier Mathias Domice Isaïe Hazaël légitime

L’an mil huit cent soixante dix, le vingt sixième jour du mois de février, à huit heures du matin, par devant nous, Caron Pierre Maire officier de l’état-civil de la commune de Chérienne, canton d’Hesdin, arrondissement de Montreuil sur mer, département du Pas-de-Calais, a comparu Isaïe Messier âgé de vingt-neuf ans, faiseur de bas, demeurant à Chérienne, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, qu’il a déclaré être né de lui en sa demeure sise à Chérienne, hier, vingt-cinquième jour du mois de février mil huit cent soixante dix, à dix heures du soir, et de dame Augustine Léger ménagère, âgé de vingt et un ans, son épouse, auquel enfant il a été donné les prénoms de Mathias Domice Isaïe Hazaël. Les dites présentation et déclaration ont été faites en présence de Léon Messier âgé de cinquante neuf ans, ménager, et de Arthur Leroy âgé de vingt six ans, cabaretier, tous deux domiciliés à Chérienne, et ont le comparant et les témoins signé avec nous le présent acte après lecture, excepté Léon Messier qui a déclaré ne savoir le faire, de ce interpellé.

Signatures de Messier Isaïe, de l’officier d’état-civil et de Leroy Arthur.

Mention marginale : Décédé à Billy-Berclau le dix mai mil neuf cent quarante six. Dont mention le maire. (ce qui est une erreur de l'officier d'état-civil, car la date de son décès est le 09/12/1945)

Remarque: 

Mathias sera le seul enfant du couple formé d’Isaïe Jérôme MESSIER, et de Virginie Augustine LÉGER, en effet, le couple n'existe que depuis janvier 1869 et Isaïe décèdera le 25 juin 1872 alors que Mathias n’a que deux ans et demi.


Sont présents à la naissance:

Isaïe Jérôme MESSIER son Père qui fait la déclaration et signe.

François Lucien MESSIER un grand oncle paternel dénommé Léon Messier dans l'acte.
Eric Beauchen Arthur LEROY un oncle par alliance qui signe.

Contexte:

En juillet de cette année 1870 va commencer la guerre Franco-Allemande qui s'achèvera en janvier 1871 par une défaite. La France perdra l'Alsace et la Moselle. Mathias écrira plus tard un peu avant qu'il ne décède, qu'il aura connu 3 guerres dont celle-ci au sein de sa maman.

LE RECENSEMENT DE CHERIENNES EN 1872

Recensement Chériennes 1872

Ici le recensement de la commune de Chériennes clos le premier mai 1872.

Y apparaît la famille avec dans l’ordre :

Messier Isaïe journalier homme marié 31 ans Français né dans la commune.

Léger femme Messier Augustine sa femme mariée 23 ans Française née dans la commune.

Messier Hazaël son fils garçon 2 ans Français né dans la commune.

Messier Léonard son père veuf 58 ans Français né dans la commune.

Bertin Henri enfant assisté placé chez Messier garçon 15 ans Français né à Paris.

Notre arrière grand-père est ici recensé sous son 4ème prénom d’Hazaël, c’était donc son prénom usuel, même dans les années 1940 comme nous le verrons plus tard, il signera ses lettres manuscrites « A Messier vieux » en abandonnant le H.

Isaïe, son père et chef de famille va quitter ce monde dans moins de deux mois alors qu’il n’a pas encore 32 ans.

Sa mère va donc se retrouver veuve à 23 ans avec en charge Mathias qui n’a que 2 ans ½ et son beau-père Léonard Messier qui est veuf et à 58 ans.


LE DECES D'ISAÏE LE PAPA DE MATHIAS.

D Messier Isaïe Jérome 25-06-1872

Et l’acte du décès d’Isaïe le papa de Mathias et sa transcription en rouge ci-dessous.

N°2 Messier Isaïe Jérôme âgé de 31 ans. Marié.

L’an mil huit cent soixante douze, le vingt cinquième jour du mois de juin à midi, en la mairie et par devant nous, Cléophas Hannebelle Maire et officier de l’état-civil de la commune de Chérienne, canton d’Hesdin, arrondissement de Montreuil sur mer, département du Pas-de-Calais, ont comparu Léonard Messier, faiseur de bas, âgé de soixante ans, demeurant à Chérienne, et Léon Messier, manouvrier âgé de soixante cinq ans aussi demeurant à Chérienne, lesquels nous ont déclaré que Messier Isaïe Jérôme, âgé de trente et un ans, faiseur de bas, domicilié à Chérienne, mari de Augustine Léger, âgée de vingt trois ans, journalière, domiciliée à Chérienne, né au dit Chérienne le trente août mil huit cent quarante, fils de Léonard Messier, faiseur de bas, domicilié à Chérienne, et de feue Joséphine Lagache, décédée ménagère au dit Chérienne le sept juin mil huit cent soixante neuf, est décédé en sa demeure, sise à Chérienne, aujourd’hui vingt cinq juin mil huit cent soixante douze, à cinq heure du matin, ce dont nous nous sommes assuré. La dite déclaration, faite par les sieurs Léonard Messier et Léon Messier ci-dessus dénommés, le premier père du défunt, et le second, oncle du dit défunt et ont, les comparants, déclaré ne savoir signer avec nous le présent acte, après lecture.

Signature de l’officier d’état-civil.

LE REMARIAGE DE LA MERE DE MATHIAS.

La mère de Mathias, Virginie Augustine Léger étant veuve depuis plus de deux ans et demi, se remarie le 16/01/1875 toujours à Chériennes. De cette union naîtra le 14/09/1875 LOISEL Alphonse Joseph Emile le 1er demi-frère de Mathias. Comme d’habitude, l’acte de mariage trouvé aux archives départementales du Pas-de-Calais, et en dessous en rouge sa transcription.

M Loisel-Léger 16-01-1875 1

M Loisel-Léger 16-01-1875 2

N°1 Loisel Alphonse Joseph célibataire Léger Virginie Augustine veuve

L’An mil huit cent soixante quinze le seizième jour du mois de janvier à huit heures du matin, en la mairie et par devant nous, Laverdure Emile, adjoint, faisant les fonctions de maire, officier de l’état-civil de la commune de Chérienne, canton d’Hesdin, arrondissement de Montreuil-sur-mer, département du Pas-de-Calais, ont comparu publiquement Joseph Alphonse Loisel, manouvrier, né à Fontaine l’Etalon le vingt sept mai mil huit cent quarante six, ainsi qu’il résulte de son acte de naissance qu’il nous a présenté, domicilié à Vacqueriette, fils majeur de Louis Joseph Loisel et de Rose Marie Catherine Le Maire, ménagers, domiciliés au dit Vacqueriette, ici présents et consentants, d’une part, et Virginie Augustine Léger, journalière, née à Chérienne le vingt quatre janvier mil huit cent quarante neuf, ainsi qu’il résulte des registres de cette commune, domiciliée à Chérienne, fille majeure de Louis Joseph Léger, couvreur, et de Virginie Mahutte, ménagère, tous deux domiciliés au dit Chérienne, ici présents et consentants, d’autre part. La dite Virginie Augustine Léger, contractante, est veuve de Messier Isaïe Jérôme, décédé à Chérienne le vingt cinq juin mil huit cent soixante douze, ainsi qu’il résulte des registres de cette commune. Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux, et dont les publications ont été faites devant la principale porte de la maison commune de Chérienne, savoir la première le vingt sept du mois de décembre mil huit cent soixante quatorze, à l’heure de midi, et la seconde, le trois janvier mil huit cent soixante quinze, aussi à l’heure de midi, que pareilles publications ont été faites dans la commune de Vacqueriette, les trois et dix janvier mil huit cent soixante quinze à l’heure de midi, ainsi qu’il app??? Du certificat délivré par monsieur le maire de la dite commune, lequel nous a été représenté, et constatant qu’il n’est pas survenu d’opposition. Sur notre interpellation les futurs époux, Joseph Alphonse Loisel, Virginie Augustine Léger et leurs auteurs, Louis Joseph Loisel, Rose Marie Catherine Le Maire, Louis Joseph Léger et Virginie Mahutte ont déclaré qu’il n’a point été fait de contrat de mariage. Aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à la réquisition des futurs époux, lecture faite, tant des actes représentés qui demeureront annexés au présent, après avoir été paraphés par les parties et par nous, que du chapitre 6 du titre du code-civil, intitulé du mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun deux ayant répondu séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que le dit sieur Joseph Alphonse Loisel et la dite sieure Virginie Augustine Léger sont unis par le mariage. De quoi nous avons dressé acte en présence de Isidore Valois, ménager, âgé de trente quatre ans, domicilié à Vacqueriette, beau frère du contractant, à cause de Paléliérie Loisel sa femme, de Hippolyte Lemaire, ménager, âgé de soixante cinq ans, oncle maternel du contractant, domicilié à le Quesnoy, de Prosper Masse, manouvrier, âgé de trente ans, domicilié à Chérienne, ami de la contractante, de Victor Carpentier, instituteur, âgé de quarante ans, domicilié à Chérienne, également ami de la contractante, et ont, les parties contractantes, comparants et témoins, signé avec nous le présent acte après lecture, excepté Rose Marie Catherine Le Maire, mère du contractant, qui a déclaré ne savoir le faire, de ce interpellés.

Signatures des mariés Loisel et Léger A

Signatures Loisel, Lemaire, Valois, Masse, Mahutte

Signatures Léger et de l’officier d’état-civil

Signature Carpentier


LE RECENSEMENT DE VACQUERIETTE EN 1876.

Cette nouvelle famille constituée est recensée 1 ans plus tard en 1876 dans la commune de Vacqueriette, d’où était originaire Loisel Alphonse Joseph son tout nouveau chef.

Vacqueriette n’est située qu’à environ 3 Km de Chériennes.

Voici la photographie de la composition familiale au complet.

Outre Mathias en dernière ligne et prénommé encore une fois Azaël, sa mère en 4ème ligne, son beau-père en 3ème, figurent aussi le 1er demi-frère de Mathias en 5ème ligne et les parents de son beau-père en 1ère et seconde position.

Recensement Vacqueriette 1876

En février 1879, et toujours à Vacqueriette va naitre Loisel Henri le 2ème demi-frère de Mathias.

S'en rien dévoiler sur la suite, ce demi-frère de Mathias va connaître un destin tragique en 1905. Je n'en dit pas plus, nous le verrons en son temps.


LE RECENSEMENT D'OUTREAU EN 1881.

Recensement Outreau 1881

Ci-dessus en 1881 on retrouve la famille dans le recensement communal d’Outreau, et Mathias se prénomme Azaël Mézier.

Il n'a pas de métier et en principe il doit être écolier car, l’école est gratuite et obligatoire de 6 à 13 ans. Le certificat d’étude primaire sera instauré le 28 mars 1882, Mathias l’a t’il obtenu ? Si oui, il pouvait quitter l’école avant ses 13 ans.

Le déménagement familial s’est donc opéré entre 1879 et 1881. La distance séparant Vacqueriette d’Outreau est de 55KM à vol d’oiseau. Qu’est-ce qui a poussé la famille à migrer dans cette petite ville de 3137 habitants en 1881 ? Les parents ont des métiers modestes et Mathias l’ainé des enfants n’a encore qu’onze ans. Comme on le verra plus loin, Mathias sera plus tard employé de la compagnie des chemins de fer du Nord. Le développement du réseau ferré en 1848 de Amiens à Boulogne est-il le moteur de ce déménagement ?

Ci-dessous un bout de texte issu de l’histoire de la ville d’Outreau sur le site communal.

En 1854, des gisements de minerai de fer sont découverts sur le plateau d’Equihen. Dès 1858, la première usine est implantée à Manihen (Société des Forges et Fonderies de Montataire). Les débuts sont difficiles : fermetures, rachats, crise économique… Il faut attendre 1902 et la naissance des Aciéries de Paris-Outreau pour que la sidérurgie retrouve son dynamisme. A la veille de la Grande Guerre, quatre hauts-fourneaux tournent à plein régime à Outreau. Ils emploient 800 ouvriers.

Avec le développement du chemin de fer, d’autres industries s’installent à Outreau : la Société des ciments français en 1856 et la Société anonyme des Phosphates (future Société Générale de Fonderie) en 1873.

LE RECENSEMENT D'OUTREAU EN 1886.

En 1886 la famille n’a pas bougé et est de nouveau dans le recensement communal d’Outreau avec cette fois 3622 habitants, soit environ 500 personnes de plus en seulement 5 ans de temps, Mathias se prénomme encore Azaël et est cette fois nommé MECIER. A noter qu’à 16 ans il est journalier, donc pas d’études conséquentes et qu’il est pensionnaire dans sa propre famille. Il a un troisième demi-frère prénommé Albert âgé de 3 ans qui s'appelle en réalité Sylvain Jules Ernest.

Recensement Outreau 1886

Mathias est devenu un jeune homme, il travaille comme journalier, c'est à dire qu'il se fait embaucher à la journée au gré des besoins d'employeurs. Il paye sans doute le droit d'habiter dans sa propre famille puisqu'il est désigné comme pensionnaire.

Mathias comme tout jeune homme va avoir envie de s'émanciper, il va d'ici peu devancer l'appel du service militaire.

Pour connaître la suite, cliquez là.

Commentaires